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Il ne sera peut-être bientôt plus possible d’entrer dans un coffee-shop à Amsterdam si l’on n’est pas néerlandais. C’est en tout cas l’une des pistes envisagées par la maire de la capitale des Pays-Bas pour réduire le tourisme de masse.

Amsterdam, ses canaux, ses vélos… et ses coffee-shops. Pour certains touristes venant visiter la capitale des Pays-Bas, faire un passage dans l’un de ces lieux où l’on peut fumer du cannabis légalement est un incontournable. Sauf qu’en termes d’image de marque, on a vu mieux…

Élue en 2018, la maire d’Amsterdam, Femke Halsema, ancienne cheffe du parti écologiste, a décidé de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Quitte à prendre des mesures radicales.

Récemment, elle a commandé une étude afin de mesurer l’influence que pouvait avoir le fait de pouvoir fumer du cannabis sur les motivations poussant les touristes à choisir Amsterdam. Les résultats sont pour le moins équivoques.

D’après les chiffres recueillis par le Département de la recherche, de l’information et des statistiques, 34 % des touristes venant à Amsterdam le feraient moins souvent si l’accès à ces lieux leur était interdit, et 11 % ne reviendraient jamais.

Un chiffre encore plus élevé chez les Britanniques (42 % et 12 %). Par ailleurs, sur les 100 personnes interrogées, toutes âgées de 18 à 35 ans, plus de la majorité a estimé que la présence des coffee-shops avait joué un rôle déterminant dans leur choix de venir à Amsterdam.

Le quartier rouge dans le viseur

Décidée à changer les choses, la maire d’Amsterdam s’appuierait donc sur ces résultats pour convaincre le camp politique de limiter la possibilité de consommer du cannabis pour les touristes de passage à Amsterdam, notamment en les empêchant d’en acheter, rapporte le quotidien britannique The Guardian. Elle avait déjà fait part de sa volonté de faire baisser le nombre d’établissements de ce type dans sa ville.

Autre « atout touristique » dans le viseur de Femke Halsema : la prostitution, dans le fameux quartier rouge, où des travailleuses du sexe s’exposent derrière des baies vitrées, éclairées par des néons. À partir du 1er avril, les visites touristiques guidées y seront interdites, a annoncé jeudi 13 février la mairie d’Amsterdam, comme le rapporte The Guardian.

Un centre-ville surpeuplé

Bien sûr, cette politique risquerait de faire diminuer la fréquentation touristique en ville, et de se traduire par des pertes économiques. Mais c’est une volonté assumée de la part de la municipalité. En effet, la ville et son 1,1 million d’habitants attirent plus de 17 millions de touristes chaque année. Rendant son centre-ville surpeuplé, au grand dam des résidents permanents.

Amsterdam a déjà augmenté sa taxe de séjour ce 1er janvier 2020, qui devient ainsi la plus élevée d’Europe : 3 € par personne et par nuit dans un hôtel ont été ajoutés au 7 % du prix de la chambre qui étaient déjà pratiqués. Sans parler de la chasse aux locations Airbnb.

Vers un tourisme durable et trié sur le volet

Face à un flot de touristes toujours plus important, les Pays-Bas cherchent donc à mener une politique interventionniste pour le réguler. Objectif : agir en faveur d’un tourisme plus durable, et… trier sur le volet ceux qui seront accueillis.

Le pays a ainsi fermé ses bureaux chargés du tourisme et des congrès (NBTC) en Italie, en Espagne et au Japon, dans l’optique de ne plus attirer de visiteurs de ces nationalités. En revanche, les Français, Allemands, Américains, Anglais et Belges restent les bienvenus.

Source: www.ouest-france.fr