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Le groupe InVivo a déposé une demande pour pouvoir cultiver du cannabis à des fins thérapeutiques et mener des travaux agronomiques, afin de pouvoir se positionner sur ce marché en France si son expérimentation s’avérait concluante.

“Notre demande est partie à l’ANSM (agence du médicament) et on attend la réponse”, a déclaré à l’AFP Yves Christol, directeur général d’InVivo Food & Tech, laboratoire d’innovation du groupe, alors que l’Assemblée nationale a donné le 25 octobre son feu vert à une expérimentation de l’usage médical du cannabis.

Le groupe InVivo a demandé aux différents ministères “de pouvoir importer des boutures, cultiver et faire de la génétique, en parallèle de l’expérimentation médicale”. Problème, si la France est prête à expérimenter les médicaments à base de cannabis, à l’heure actuelle, la législation interdit la culture des plants, plus exactement ceux contenant des taux supérieurs à 0,2% de THC (tetrahydrocannabinol, un des principes actifs de la plante). M. Christol craint, dans ces conditions, une mainmise sur le marché des mastodontes canadiens du secteur du cannabis, qui selon lui ne commercialisent pas des produits adaptés car davantage tournés vers un usage récréatif.

“Si vous faites du thérapeutique, il ne faut pas qu’il y ait de goût. Si vous commencez à faire un truc qui a un bon goût, vous allez stimuler l’addiction”, souligne M. Christol. Et il ne faut pas non plus “un maximum de THC”. Ces entreprises canadiennes “ont commencé à embaucher des ingénieurs” agronomes, mais elles ne sont pas pour autant “des boîtes agro”, elles “n’ont qu’un seul objectif, c’est de se valoriser en Bourse”, affirme M. Christol. “On pousse tous les feux pour dire “attention, laissez-nous démarrer le plus tôt possible”. S’il le faut, on brûlera les récoltes, mais il faut qu’on démarre, parce qu’on est dans de l’agriculture et l’agriculture, il faut que ça pousse”, a-t-il déclaré.

7 hectares de production

InVivo évalue le marché, dans un premier temps, à 300 000 patients français susceptibles d’être traités par du cannabis, selon les cinq cibles thérapeutiques définies par le comité scientifique. A raison d’un traitement à 0,7 gramme à un gramme par jour, soit 300 000 patients à 365 grammes par an, InVivo évalue à sept hectares la surface nécessaire pour répondre à la demande. “Sept hectares, c’est une grosse exploitation de tomates sous serre. Si on compare par exemple au chanvre industriel qui est sur 12 000 hectares, aujourd’hui, ce n’est pas ça qui va sauver l’agriculture française”, indique M. Christol. A terme, en élargissant les usages thérapeutiques, ce type de produit pourrait soulager un million de patients français, estime InVivo.

Publié par Pleinchamp avec l’AFP

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