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Alors qu’au moins cinq boutiques “CBD” sont ouvertes dans Toulouse, la tendance économique est toujours positive selon les commerçants. Les clients, eux, ont encore des préjugés.

Il ne s’agissait peut-être pas d’un simple effet de mode. Il y a un an et demi, à l’été 2018, le nombre de boutiques qui vendaient des produits à base de cannabidiol (CBD), ou chanvre, explosait partout en France.

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Aujourd’hui, à Toulouse, au moins quatre sont en activité dans le centre-ville : 

  • Green Owl, rue Peyrolières
  • CBD Toulouse, rue Matabiau
  • Smoke Dog, rue Reclusane
  • Streetshop, rue Sainte-Ursule

Selon Mike Desquiens, gérant de CBD Toulouse, les tendances sont plutôt au beau fixe : 

Actuellement, on est plutôt dans un mouvement positif. Il a fallu du temps aux Toulousains pour découvrir ce que l’on fait, parce qu’il y a beaucoup de préjugés chez certains. Mais de plus en plus de personnes viennent dans la boutique pour découvrir les produits proposés.

Moins d’idées préconçues mais des besoins de précisions

En effet, selon le gérant, les préjugés disparaissent peu à peu dans l’esprit des gens notamment le lien fait avec le cannabis classique (voir plus bas). Même constat pour Laetitia, la responsable des magasins Streetshop de Toulouse  et Montpellier :

Dès lors que les gens entrent dans la boutique, ils ont déjà perdu pas mal de préjugés. Pour la plupart, chez nous, ils savent ce qu’ils viennent acheter et pourquoi.

En effet, le nombre de produits à base de CBD est assez important : cosmétiques, alimentaires (de la pâte à base de chanvre) ou bien encore des produits pour animaux ou des huiles. Par exemple, la boutique de Mike Desquiens a développé ces derniers mois une gamme d’infusions à partir de chanvre.

Pour autant, « l’amalgame entre cannabis et CBD est encore très présent dans la société », estime Mike. Laetitia, elle, va même plus loin :

Les réticences les plus tenaces sont surtout chez les personnes âgées qui vont considérer le CBD exactement comme le cannabis et donc comme un stupéfiant. 

Une démocratisation des usages

Les demandes sont assez variées du côté des clients. Pour les plus âgés, dans le cadre de douleurs articulaires. Pour les trentenaire afin d’arrêter de fumer sans perdre une habitude et un geste…

En revanche, il est à noter que le CBD n’est pas considéré comme un médicament en France. Les vendeurs dans ce cas sont alors dans une activité illégale de la médecine. Le cannabidiol est considéré légalement comme un simple complément alimentaire. 

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THC et CBD : quelles différences ?

Globalement, selon les deux gérants, le besoin de conseil est impératif pour les clients qui pénètrent dans les boutiques. Notamment pour expliquer en quoi le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol sont en réalité différents.

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Le THC est la molécule active qui produit des effets directement sur le cerveau. Pour que le produit final soit légal, la plante utilisée ne doit pas comporter plus de 0,2% de molécule active. En revanche, le taux doit être nul en ce qui concerne le produit fini.

Le CBD est l’une des autres molécules composantes du cannabis mais qui a moins d’effet sur le cerveau contrairement au précédent. Sa présence n’est pas interdite par la loi, tant que la variété de chanvre utilisé fait partie de la liste établie par l’Union Européenne.

Benoit Leroy
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